St. Norbert of Xanten speaking in tongues: source texts

Source text and an important French commentary about St. Norbert of Xanten speaking in tongues.

The following Latin source is derived from Acta Sanctorum. AASS, June I, 815 v. 24

24. . . . In crastinum ergo fecit sermonem ad populum vix adhuc aliquid sciens vel intelligens de lingua illa (k), Romana videlicet, quia numquam eam didicerat : sed non diffidebat, quin, si materna lingua verbum Dei adoriretur. Spiritus sanctus, qui quondam centum viginti linguarum erudierat diversitatem ; linguæ Teutonicæ barbariem, vel Latinæ eloquentiæ difficultatem, auditoribus habilem ad intelligendum faceret. Et ita per gratiam Dei omnibus acceptus factus est, et cogerent eum fessa ibi et attenuata membra paululum recreare. Quibus cum nulla ratione vellet acquiscere, (facies enim ejus erat euntis in Episcopatum Coloniensem, propter populi et linguæ notitiam quem habebat) factum est per dispensationem Dei, ut sociis ejus subitanea ægritudine oppressi, non posset inde tunc ulterius proficisci. Remansit itaque homo ad custodiendum infirmos suos, qui sequentibus infra Octavas Paschæ diebus beato fine in Domino quieverunt. E quibus duo laici sepulti jacent in suburbio apud Valentianas, in Ecclesia beati Petri juxta forum, in sinistro latere ad Occidentem, Subdiaconus vero Monachus effectus, jacet sepultus in Ecclesia Sanctæ Mariæ, quæ in eodem oppido sita est.

(k) Pauperes, rudes, ineruditos et rusticos intelligit. Romana lingua erat, quæ modo Gallicana seu Francica dicitur. Id anno 1118 contigisse mense Junio infra num. 27 dicitur ; tunc autem Dominica Palmorum inciderat in 7 Aprilis, Pascha in 14.

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The following important commentary is from: Philip Mouskes. Chronique rimée de Philippe Mouskes. Vol. 1. Bruxelles: Le Baron De Reiffenberg. 1836. Pg. CXXVIff

La vie de saint Norbert, fondateur de l’order de Prémontré, écrite par un de ses contemporains et recueillie par les Bollandistes, nous offre une preuve ultérieure et surabondante, qu’en 1119, la seule langue vulgaire à Valenciennes et à Fosses, près de Namur, était la langue romane, et que la teutonique y était entièrement ignorée du peuple.

Norbert était né à Xanten, dans le pays de Clèves. Après sa conversion, il embrassa l’austère vie de missionnaire. Ayant voyagé en Allemagne, en Italie et traversé une partie de la France, il arriva à Valenciennes, avec trois compagnons, la veille du dimanche des Rameaux, en 1119, dans l’intention de se rendre à Cologne pour y prêcher. Quoiqu’il ne sût presque pas encore parler le roman, qui était la langue du pays et qu’il n’avait pas appris, l’ardeur de son zèle le détermina à prêcher le lendemain en présence du peuple; il fut accueilli si favorablement de tout le public, qu’on le sollicita vivement de passer les fétes de Pàques à Valenciennes, et de s’y reposer des ses fatigues; à quoi il ne voulut pas acquiescer, son dessein étant d’aller dans le diocèse de Cologne, parce qu’il en connaissait le langue et les habitans. cum tribus venit Valentianas sabbato palmarum.

In crastinum ergo fecit sermonem ad populum, vix adhuc sciens vel intelligens de lingua illa, romana videlicet, quia eam nunquam didicerat. Sed non diffidebat quin, si materna lingua verbum Dei adoriretur, spiritus sanctus, qui quondam centum viginti linguarum erudierat diversitatem, linguæ teutonicæ barbariem, vel latinæ eloquentiæ difficultum, auditoribus habilem ad intelligendum faceret. Et ita, per gratiam Dei, omnibus acceptus factus est, ut cogerent eum ibi festa peragere et attenuata membra paululum recreare. Quibus cum non vellet acquiescere, facies enim ejus erat euntis in episcopatum Coloniensem, propter populi et linguæ notitiam quam habebat.

Cette prédication consistait probablement dans un débit véhément, des gestes mutlipliés et significatifs, et ces éclats de voix, ces accens pathétiques qui manquent rarement leur effet sur la multitude. C’était une pantomime animée de quelques phrases sonores et où l’enthousiasme de l’acteur se communiquait aux spectateurs.

Norbert, malgré sa résistance, fut cependant forcé de séjourner quelque temps à Valenciennes, parce que ses associés tombèrent malades et moururent tous trois dans cette ville. Sur ces entrefaites, Burchard, évêque de Cambrai, y arriva, et Norbert, qui l’avait connu à la cour de l’empereur, crut devoir lui faire une visite. Il s’y présenta sous le costume plus que modest d’un pauvre missionnaire qui voyageait à pieds nus, malgré la rigueur de la saison.

L’évêque avait pour chapelain un prêtre nommé Hugues, natif de Fosses, près de Namur, et qui avait été élevé dans le monastère de cette ville. Hugues introduisit Norbert dans l’appartement de l’évêque, qui eut peine à reconnaître son ancien ami, sous des habillemens si différens de ceux qu’il portait jadis à la cour; mais lorsqu’il l’eut reconnu, il l’embrassa tendrement et lui témoigna les sentimens les plus affectueux. Le prêtre Hugues, qui était debout et présent à leur conversation, n’y comprenait cependant rien, parce qu’ils parlaient en allemand; mais étonné des manières de l’évèque envers ce singulier personnage, il prit la liberté de s’avancer près de s’avancer près du prélat, et de lui demander qui était cet étranger. Alors l’évêque lui raconte l’histoire de Norbert. Hugues fut si touché de tout ce qu’il apprit à ce sujet que, peu de jours après, il forma la résolution de suivre le missionaire et devint son plus fidèle compagnon, c’est même à lui qui plusiers auteurs attribuent la vie de saint Norbert, où sont puisés ces renseignemens.

Stans vero prædictus clericus qui eum introduxerat, et affectum episcopi viderat erga hominem, minime tamen sermocinationem eorum intelligens, quia teutonice loquebantur, præsumens accessit et interrogavit quodnam hoc esset. Statim ait episcopus, etc.

Ce récit est un peu long, mais n’a rien de fastidieux. Nous avons déjà énoncé la conséquence que nous prétendions en tirer.

Autre anecdote, plus longue encore, d’où il résulte clairement qu’à Liége le peuple n’entendait pas le tudesque, à la fin de 1146, et que la démarcation de langues était alors la même qu’aujourd’hui; état de chose qui n’avait pu naître spontanément, et que le temps avait inévitablement prépare.

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See also Messager des Sciences Historiques et Archives des Arts de Belgique for more information on the language spoken at Valenciennes during the 12th century.

Charles Sullivan is a researcher and writer on topics of textual criticism, linguistics, theology, Christian mysticism and philosophy. He also frequently likes to delve into contemporary social and ethical issues from a faith perspective.

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